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Plus de deux ans après son lancement en septembre 2007, et meme si Orange ne diffusera pas la Premier League anglaise la saison prochaine (voir news précédente), la chaîne ne cesse de s'affirmer comme un acteur majeur de la diffusion du sport en France, par l'acquisition des droits des principaux événements sportifs , mais aussi et surtout en faisant le pari de la proximité. Sport Stratégies s'est rendu Samedi à Bordeaux, pour découvrir le dispositif qu'Orange Sport met en place pour les matchs de Ligue 1, dont elle diffuse le match phare du samedi depuis août 2008.



3 heures avant LE match de la 16ème journée de 
Ligue 1, Bordeaux-PSG, le « village technique » qui jouxte le stade est une sorte de fourmilière où plusieurs dizaines de personnes s'affairent à peaufiner l'important dispositif mis en place pour que le rendu de cette rencontre au sommet soit parfait. Pourtant si la régie et sa multitude d'écrans font partie du dispositif classique pour la diffusion d'un match, un imposant camion customisé aux couleurs d' Orange Sport attire plus particulièrement l'attention. En y pénétrant, on découvre alors un véritable studio de télévision, dans lequel les consultants préparent la prise d'antenne qui aura lieu une heure avant le match. Un dispositif surprenant et innovant, inspiré du Tour de France qui traduit a lui seul toute la volonté d'Orange Sport d'être au plus près de l'événement, en recevant notamment les joueurs directement à la fin du match, lors d'un « after » d'un peu moins d'une heure. 

Faire vivre un événement sportif dans son « intimité », créer une proximité avec le téléspectateur, c'est cela le crédo de la jeune chaîne : «  J'ai commencé dans le football en 77. A l'époque on rentrait dans les vestiaires. J'ai commencé avec Lyon, je descendais avant la fin du match, j'allais m'asseoir dans les vestiaires, une minute avant la fin du match. Les joueurs venaient se poser à côté de moi et on discutait. En France cette proximité a totalement disparu. Maintenant les interviews que vous voyez ailleurs, c'est un panneau publicitaire, une zone mixte et des interviews. Ici les joueurs viennent encore marqués par le match. Il y a même des terrains ou on touche le vestiaire. Les joueurs viennent , sont encore dans le match et se retrouvent sur le plateau. Ça donne des moments...et des documents extraordinaires. C'est autre chose qu'être au bord du terrain devant des écrans publicitaires » nous explique Patrick Chêne, président du Groupe Sporever qui produit les contenus sportifs pour Orange et notamment la chaîne Orange Info. 

Et si créer un lien étroit avec le téléspectateur est son objectif premier , Orange Sport prend le soin de proposer aussi aux supporters présents au stade de réagir et vivre l'événement avec la chaîne en mettant à leur disposition un « studio des supporters », dans lequel ils peuvent laisser leurs messages et commentaires dont certains seront ensuite repris dans l'after. 
« Ce n'est pas le foot qui vient à nous, c'est Orange qui vient au foot. C'est vraiment de la proximité. On donne pas des leçons de football, on vit le football » conclue Patrick Chêne. 

Autant de moyens donc au service d'une différenciation qui permet à la chaîne de voir son nombre d'abonnés croître de manière significative: 390 000 en juin dernier, et plus de 600 000 aujourd'hui *. Pourtant il y a encore 3 ans, nul n'aurait parié sur une chaîne capable de venir contester à Canal + la diffusion d'événements sportifs majeurs. Mais l'enrichissement continu de son offre (Football, Athlétisme, boxe, rugby, NBA...) ainsi que cet « esprit de proximité »  confortent la montée en puissance d'Orange Sport. Les autres sont donc prévenus.

INTERVIEW DE PIERRE ROBERT (Directer des chaînes sport d'Orange)
nullRetrouvez l'interview de Pierre Robert, le directeur des chaînes sport d'Orange qui a accepté pour Sport Stratégies de revenir sur le développement ainsi que la stratégie de la chaîne. 


Orange vient d'acquérir les droits sur de nouveaux sports comme la boxe ou l'athlétisme. Comment va s'y traduire cette « proximité »  qui est aujourd'hui le maître mot d'Orange Sport?

On essaye autant que faire se peut de favoriser cette proximité dans tous les sports que l'on diffuse. Pour prendre un exemple concret, on retransmet aujourd'hui une partie de la NBA sur 
Orange Sport, et on s'est demandé comment apporter cette petite touche, d'où l'idée d'aller chercher un joueur en activité, et ce rapport avec Joachim Noah qui toute la saison nous fait vivre au travers de chroniques, d'interventions un regard d'un joueur en activité. Puis aujourd'hui, il y a aussi l'exemple des sports de combats, pour lesquels on diffuse des matchs importants, comme ceux de Manny Pacquiao (NDLR : champion du monde Philippin). On est là sur de la diffusion relativement simple avec des commentaires depuis Paris, Mais quand on est sur un partenariat avec Jean-Marc Mormeck, non seulement on est sur la diffusion, mais on est aussi sur la réalisation documentaire en parallèle pour faire découvrir la préparation, les coulisses de la préparation, tous les à côté de ce retour et de cette quête d'un titre de champion du monde. On essaye à chaque fois d'apporter cette touche de proximité qui est une valeur importante chez nous.

Et arrivez vous à transmettre cette « culture » spécifique de la chaîne aux annonceurs ?

Il y a une vraie dynamique. On vend de l'espace publicitaire sur la Ligue 1, ce qui n'est pas le cas chez les autres acteurs. Et aujourd'hui Orange est dans une logique de développement de l'offre commerciale. On a notamment lancé la publicité interactive, qui plait beaucoup aux annonceurs, qui sont dans la dynamique dans laquelle on s'est inscrite à savoir devenir un acteur crédible et légitime, et toujours dans cette logique d'innovation. Et à ce titre la publicité interactive s'inscrit dans cette logique qui fait que les annonceurs nous suivent .

Est-ce tout le défi pour une chaîne « à péage » comme Orange de proposer véritablement quelque chose de nouveau pour séduire des nouveaux téléspectateurs, malgré l'abonnement payant ?

Aujourd'hui le sport est globalement sur la marché français en accès payant. Il y a une offre sur les chaînes gratuites, notamment pour les grands événements, mais la plupart des événements sportifs restent en télévision payante, donc notre objectif est de devenir un acteur de ce marché avec une différenciation. Je dirais qu'aujourd'hui il y a un point commun entre les diffuseurs, c'est l'offre de droit, il y a un enjeu d'offre de droits de qualité. En ce qui concerne 
Orange Sport, on a enrichi le foot, puisque l'on a la Ligue 1, La Bundesliga, une partie de la Série A, on a la Carling Cup (Coupe de la Ligue Anglaise), on a acquis la CAN qui arrive sous peu. On s'est aussi enrichi en rugby avec le championnat anglais, des matchs tests, et aussi les sports de combats. 

En matière de différenciation il y a l'identité, à savoir comment on se positionne. 
Orange Sport est une chaîne en croissance donc on a une grande liberté sur l'antenne, ce qui nous amène à donner une place la plus grande possible aux événements et à cultiver ces valeurs en insistant sur un accompagnement « bienveillant » avec par exemple Franck Sauzée. Lorsqu'il s'exprime, il est crédible vis-à-vis des amateurs de foot, mais il est aussi compréhensible et a un discours accessible au plus grand nombre. C'est cela l'accompagnement bienveillant. Et puis il y a en effet la proximité, avoir ce lien  avec l'événement et avec son public. Pour la Ligue 1 typiquement cette année, nous avons mis en place le studio des supporters, qui permet au public d'encore plus s'exprimer et d'être en lien avec notre antenne. Donc voilà l'enrichissement des droits, la personnalité, l'identité de l'offre et après il y a des aspects plus commerciaux, avec une politique tarifaire qui nous différencie de la concurrence. Avec 6 euros par mois cela nous permet d'aller vers un public qui n'était pas forcément acquis à la télévision payante.

Quelle est votre politique tarifaire vis-à-vis des annonceurs ?

Notre politique tarifaire aujourd'hui s'adapte au marché, et donc à notre potentiel. Mais là ou l'on apporte quelque chose, c'est dans le développement de nouveaux supports, de nouvelles formules comme la publicité interactive, qui ont pour objectif de favoriser la promotion des marques et des offres des annonceurs.

Et justement êtes-vous plus dans l'acquisition ou la fidélisation d'annonceurs ?

On mène les deux. On a aujourd'hui des annonceurs fidèles. Par exemple la publicité interactive a été « inaugurée » sur nos antennes avec Citroën qui est un annonceur qui nous a accompagné sur cette nouvelle sorte de publicité et qui nous suit aujourd'hui. Donc oui l'enjeu est de satisfaire les marques qui sont chez nous dans une logique de fidélisation, et de faire découvrir notre offre et les différents formats que l'on propose.

Quels sont les prochains projets d'acquisitions de droit pour Orange ?

Nous avons acquis les droits de la Diamond League qui va bientôt arriver à l'antenne, mais surtout de la CAN dans peu de temps, qui est un événement exceptionnel. Donc pour l'instant on se concentre sur ces grandes manifestations qui arrivent. On a une offre qui s'est structurée, avec une grille qui elle aussi s'est structurée. Donc on fait notre chemin, on avance progressivement, on est fier du chemin parcouru et volontaires sur celui qui reste à parcourir.

Au niveau des parts de marché commencez vous à gagner du terrain sur vos concurrents ?

L'offre d'Orange n'est pas dans une logique de piquer des parts de marché à la concurrence mais d'aller chercher des nouveaux clients. Par rapport à cela, il y a encore une fois la politique commerciale. Orange Sport c'est 6 euros par mois. Dans les abonnés que l'on recrute on va pour beaucoup chercher ceux qui n'étaient pas abonnés à une offre payante de sport. A ce jour, l'offre payante qui associe le sport et le cinéma compte plus de 600 000 abonnés, alors qu'à fin juin nous étions à 393 000. Nous avons donc on a un parc qui a connu une croissance importante.

Aujourd'hui on est en phase voire au delà des objectifs que l'on s'était fixés..

Etes-vous en contact avec le CNOSF qui souhaite créer sa propre chaîne en 2010 ?

Nous discutons en effet comme d'autres avec eux. Mais il faut savoir que l'on est partenaires du CNOSF, depuis 2 ans à travers notamment une diffusion de 60 à 80 événements dans le cadre de ce partenariat, de disciplines qui sont peu ou pas médiatisées. Donc c'est une vraie logique et c'est un partenariat très intelligent car il associe un média, le CNOSF et des fédérations, et a vocation à offrir une visibilité à des événements qui n'en ont pas forcément en télévision, en conservant bien évidemment cet esprit de proximité.

Selon nos informations, Orange qui n'a pas obtenu les droits de la Premier League (championnat Anglais) envisagerait de se pencher sur les tournois de tennis ATP, ainsi que les grandes classiques de cyclisme.



 

Tag(s) : #INFOS TV

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